Offensive médiatique et politique contre le personnel de la Confédération

L’Institut de politique économique suisse de l’Université de Lucerne a mené une étude sur l'emploi dans les secteurs public et parapublic qui a suscité de nombreux articles de presse, en particulier en Suisse alémanique.

Selon cette étude (en allemand), avec un salaire moyen de 117’000 francs, le personnel fédéral gagnerait nettement plus que les employé.e.s du secteur privé.

 

Une fois de plus, le camp bourgeois s’en prend aux conditions de travail du personnel fédéral, bénéficiant toujours du soutien des mêmes médias en Suisse. Cela fait des années que tous deux considèrent clairement les bonnes conditions de travail dans le secteur public et le service public comme le mal incarné. Avec son étude scientifiquement douteuse, l’institut universitaire de Lucerne a étayé ces sempiternelles théories qui sont tout simplement fausses. L’étude ne présente pas seulement des erreurs techniques, elle compare aussi des pommes et des poires. A titre d’exemple, le salaire moyen du personnel fédéral a été calculé à l’aide de données salariales inadéquates. En effet, on ne peut pas comparer l’administration fédérale, qui compte environ 40’000 employé.e.s, à l’ensemble du secteur privé, qui emploie bien plus de 4 millions de personnes. Ces données englobent également tous les secteurs aux conditions de travail précaires et aux bas salaires, comme le nettoyage, la restauration ou le commerce de détail. Il n’est donc pas surprenant que le salaire moyen de l’administration fédérale soit supérieur à celui de l’ensemble du secteur privé. Si l’on souhaite faire cette comparaison, il faudrait donc détailler les données par branche et par secteur.

 

On ne peut pas non plus parler d’une augmentation des dépenses de personnel dans l’administration fédérale, comme on peut le lire dans les explications relatives à l’intervention du conseiller national UDC Lars Guggisberg (21.3512). Au contraire, ces dix dernières années, la part des dépenses de personnel, soit environ 8 %, est restée stable par rapport aux dépenses totales de la Confédération.

 

Une attaque généralisée

Dès la première semaine de la session, l’UDC a tout d’un coup lancé une attaque généralisée en déposant six interventions parlementaires visant, par le biais de motions purement populistes, à soumettre les employé.e.s de la Confédération au Code des obligations et à réduire l’effectif du personnel à 35’000 postes. Elle continue de s’en prendre à des soi-disant privilèges, dont certains n’existent même pas (22.3963 en allemand, 22.3962, 22.3961, 22.3960, 22.3959 en allemand, 22.3957). Une intervention émanant des rangs du parti du Centre vise également à réduire les prétendus privilèges du personnel fédéral (22.3934 en allemand).

 

Réactions des présidentes de l’APC et de Garanto

La semaine dernière, Barbara Gysi (22.4065 en allemand), présidente de l’APC, et Sarah Wyss (22.4066 en allemand), présidente de Garanto, ont déposé deux interpellations afin de clarifier certains points.

 

L’APC attend du Conseil fédéral une prise de position claire et un refus de cette politique de démantèlement du personnel de la Confédération.

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