Pour l’APC, la session de printemps 2026 a été fortement marquée par le programme d’allègements budgétaires 2027 (PA27). Le Conseil fédéral avait initialement proposé 57 mesures d’économie représentant un allègement budgétaire d’environ trois milliards de francs. Au cours des débats parlementaires, les Chambres fédérales ont ramené ce montant à environ deux milliards de francs. Une chose est toutefois restée inchangée : le personnel fédéral continue d’être fortement touché par les mesures d’économie, soit directement au niveau des conditions de travail, soit indirectement par la réduction des prestations dans les départements. Là où les prestations sont réduites, des suppressions de postes menacent et, dans le pire des cas, des licenciements.
La mesure « 22 » du programme d’allègement budgétaire était particulièrement critique pour le personnel fédéral. Celle-ci prévoit des économies pouvant atteindre 300 millions de francs dans le domaine propre à la Confédération, dont 100 millions touchant directement les conditions de travail du personnel. Grâce à des interventions ciblées de l’APC auprès de la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter couplées à d’intenses négociations, le pire a pu être évité. Il a notamment été possible d’empêcher une détérioration massive des prestations de retraite de PUBLICA.
La motion de minorité déposée par notre présidente Barbara Gysi, visant à renoncer purement et simplement à la mesure 22 et aux détériorations des conditions de travail qui en découlent, est malheureusement restée sans succès. Elle n’a été soutenue que par les groupes PS et Vert·e·s.
Lors de la session de printemps 2026, l’APC s’est par ailleurs activement impliquée dans plusieurs interventions relatives à la politique du personnel. Au moyen de recommandations de vote, mais surtout grâce à des entretiens personnels avec les parlementaires, l’association fait valoir ses positions directement dans les débats politiques. Les objets suivants ont notamment été au centre des discussions :
• Non à la motion 25.3246 de Thomas Aeschi et à la motion 25.4154 d’Esther Friedli
Ces deux motions demandent l’instauration d’un plafond rigide pour le nombre d’équivalents plein temps (EPT) au sein de la Confédération. L’APC rejette clairement ces interventions, car elles affaibliraient l’efficacité de l’administration fédérale et entraîneraient, à long terme, des suppressions d’emplois ainsi qu’une perte de qualité. Le Conseil des États a demandé des rapports supplémentaires à ce sujet ; les discussions se poursuivront désormais au sein des commissions des finances.
• Non à la motion 24.3780 « Aligner sur le secteur privé les salaires versés par la Confédération » de Jürg Grossen
L’APC s’est également prononcé contre cette motion, qui demande d’aligner davantage les salaires fédéraux sur l’évolution moyenne des salaires dans l’économie privée. La Confédération a besoin de conditions de travail compétitives pour pouvoir attirer et retenir le personnel qualifié. L’APC a été auditionnée par les commissions des finances sur ce dossier, ce qui a donné lieu à une discussion animée et controversée sur l’attractivité de l’administration fédérale en tant qu’employeur et sur les défis croissants liés au recrutement de personnel qualifié.
• Un « oui » critique à la motion 25.4412 de la Commission des finances du Conseil des États
L’APC soutient sur le principe la motion visant à renforcer la centralisation des services administratifs. Compte tenu notamment de la vague de départs à la retraite qui se profile, l’association y voit une occasion de procéder à des adaptations structurelles judicieuses. La condition reste toutefois que la mise en œuvre se fasse de manière socialement acceptable, sans licenciements, et sans que la qualité ni les conditions de travail n’en pâtissent.
D’autres interventions en matière de politique du personnel figuraient également à l’ordre du jour de la session de printemps ou ont été déposées. On remarque actuellement une critique politique croissante à l’égard du télétravail au sein de la Confédération. Ainsi, la conseillère nationale Nadja Schnetzler (UDC) a déposé une interpellation, formulée en partie de manière polémique, concernant les règles relatives au télétravail du personnel fédéral.
Les perspectives pour la suite de l’année 2026 sont donc clairement à la tempête. Au moment de la rédaction de cet article, la session d’été n’avait pas encore débuté, mais le programme annoncé confirme déjà qu’une grande partie des parlementaires entend poursuivre ses attaques contre le personnel de la Confédération. L’APC continuera à s’opposer fermement à toute atteinte aux conditions de travail du personnel fédéral, à rechercher le dialogue au Parlement et à tenir ses membres régulièrement informé·e·s des développements à venir.
Jérôme Hayoz, secrétaire général de l’APC