Les dernières prévisions financières de la Confédération apportent une bonne nouvelle : pour l’année 2027, aucune mesure d’économies supplémentaire n’est nécessaire. Les recettes de la Confédération évoluent nettement mieux que prévu, ce qui permet au Conseil fédéral de renoncer à de nouvelles coupes.
Est-ce également une bonne nouvelle également pour le personnel ?
Pour les employé·e·s de l’administration fédérale, des entreprises fédérales et du domaine des EPF, c’est un signal important. L’Association du personnel de la Confédération (APC) attend désormais davantage qu’un simple renoncement à de nouvelles coupes. L’amélioration de la situation financière doit enfin être mise à profit pour réduire l’énorme pression qui pèse sur le personnel et pour améliorer durablement les conditions de travail.
Ces dernières années, de nombreuses unités organisationnelles ont été confrontées à des objectifs d’économies toujours plus nombreux. Les conséquences se font sentir au quotidien pour nos membres : charge de travail croissante, pénurie accrue de personnel qualifié, pression temporelle toujours plus forte et atteintes croissantes à la santé. Beaucoup d’employé·e·s travaillent, déjà aujourd’hui, à la limite de leurs capacités pour garantir la haute qualité des prestations publiques.
L’APC demande au Conseil fédéral d’apporter rapidement un soulagement aux offices et aux départements qui souffrent le plus de la pression budgétaire. Il faut investir dans des effectifs suffisants de personnel et dans des conditions d’emploi saines et attractives. Qui veut renforcer le service public doit aussi renforcer les personnes qui l’assurent au quotidien.
Retrait immédiat du programme d’allègement 2029
Les développements actuels montrent en outre que la politique d’économies prônée depuis des années repose sur des hypothèses de plus en plus discutables. L’APC exige donc le retrait immédiat du programme d’allègement 2029 (PA29). Économiser par précaution lorsqu’il apparaît simultanément que la situation financière de la Confédération est nettement meilleure que prévu est un non-sens.
Les retours de nos membres nous indiquent que les mesures d’économies engendrent, dans la pratique, un stress et une insécurité considérables. Il est de plus en plus contesté que les mesures prévues produisent effectivement les effets escomptés. Souvent, de nouvelles charges apparaissent, les processus se compliquent, les projets prennent du retard et les investissements nécessaires sont différés. Le personnel en en supportent les conséquences, et de fait également la population et l’économie, qui dépendent toutes deux d’un service public performant.
Les décisions récentes montrent que la pression des associations du personnel porte ses fruits. Le Conseil fédéral a retiré les coupes transversales initialement prévues. Des moyens sont également prévus pour les mesures salariales 2027, qui devraient permettre de compenser le renchérissement, à moins que le Parlement n’intervienne à nouveau. Ces corrections sont à saluer, mais elles ne suffisent pas.
Un changement de cap politique s’impose
La majorité parlementaire est désormais appelée à agir. Les attaques répétées contre les conditions de travail, les conditions d’emploi et les salaires du personnel doivent cesser. En lieu et place de nouveaux programmes de démantèlement, nous demandons de la stabilité, de la sécurité de planification et la reconnaissance du travail important accompli chaque jour par les employé·e·s de la Confédération, des entreprises fédérales et du domaine des EPF.
Les chiffres actuels créent les conditions d’un changement de cap politique. L’APC continuera à se battre avec détermination pour que le changement de cap ne soit pas manqué, pour des conditions de travail et des salaires équitables, des lieux de travail sains et un service public fort.
Barbara Gysi, présidente de l’APC et conseillère nationale (SG)
Jérôme Hayoz, secrétaire général de l’APC